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Mars 2010

Mars 2010

Notre long silence n’était pas dû à une démission, ni à une négligence. Nous avons été pris dans l’action sur le terrain et en même temps victime des disfonctionnements de la technologie informatique. Pendant plus d’un mois nous avons perdu notre boite de messagerie. Tout est revenu dans un nouvel ordre. Nous pouvons communiquer avec les outils qui sont les nôtres aujourd’hui. Dans cette feuille, vous pourrez lire les impressions et le témoignage de Pierre durant son séjour du mois de février avec une vue d’en haut du village de Ndiemane et de ses alentours. Bientôt des nouvelles de ma mission du mois de mars.

Après 4 semaines de brousse sénégalaise  ce 5 mars 2010, dans l’avion vers Bordeaux, j’ai des réflexions un peu nouvelles sur le travail accompli par « sahel people service ».Oui, même une impression d’avoir accompli quelque chose d’important me caresse l’esprit !

Mais, est ce donc bien vraie cette affaire d’oasis de plus en plus nombreuses créées en plein désert ? Oui, c’est bien vrai  et les photos prises en ULM grâce à la générosité de Christophe en témoignent.

Que c’est agréable d’admirer une oasis, surtout  celles de  3 ans dont les arbres (fruitiers et forestiers) ont déjà une hauteur de 4 mètres, quand on est au sol. Mais  vu d’en haut, j’en ai eu le souffle coupé et  cela m’a rempli d’une certaine fierté ! Réussite ? Peut-être ?  Mais,  est elle durable et capable de transformer le désert sahélien  en un  paysage arboré comme il le fut il y  a  moins d’un siècle ?

Certainement, partout où il y a de l’eau dans les nappes phréatiques  à moins de 15 mètres de profondeur  les puisatiers locaux  creusent les puits  avec comme seuls  outils  une pioche, une barre a mine, une corde et une seau. Dans  le pays Sérère où des centaines de puits entourés d’oasis reforestées ont déjà été créées, on trouve déjà de l’eau  à 5 ou 6 mètres de profondeur. Une étude est en cours  pour les autres régions.

Beaucoup d’initiatives généreuses ont été déployées pour essayer d’aider les populations sahéliennes, elles ont souvent échoué  parce qu’elles ont négligé de les impliquer à IOO %  dans l’action. Sans cette dynamique qui inclut évidemment le remboursement des avances de fonds que nos associations leur ont consenties, elles se sentent étrangers à l’affaire.

On oublie souvent que la population paysanne africaine est composée de femmes et d’hommes courageux et fiers  qui n’ont nullement besoin  d’assistance à court terme, juste un zeste de notre activisme occidental pour prévenir d’une désertification galopante. Par contre, face à l’intoxication pour la promotion d’une agriculture moderne, nous nous devons de leur conseiller vivement de reprendre leurs façons culturales traditionnelles, un exemple : au lieu de semer à la saison des pluies les grand champs avec leur machine à semer trainée par un cheval ou un âne, avec  hélas une bonne dose d’engrais chimique , nous  leur conseillons de ne plus brûler  les matières organiques devenues  nécessaire  pour la fabrication du compost et de  retrouver la technique du zaï  qui consiste à faire des  poquets remplis de compost pour accueillir les semis. Cette méthode ne leur coûte rien et peut doubler leur récolte sur une surface bien plus petite.  (Voir fiche technique  « zaï » sur notre site)

Certes notre coup de pouce en trésorerie remboursable en trois ans restera nécessaire pour pouvoir pérenniser l’action et l’étendre partout.

Notre présidente , Anita Pellegrinelli  fait confiance au sujet du bon  développement des oasis grâce aux paysans eux mêmes encadrés par les comités de gestion  crées dans chaque village  eux mêmes soutenus par une équipe locale, militante, bien consciente que sans  l’agroécologie  tout espoir d’une  vraie renaissance agraire  sera perdue .
Comme partout le climat a changé, seule une reforestation rapide pourra les sauver.

Pierre Gevaert