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Janvier 2009

Edito : bilan de la mission du 12 au 22 décembre 2008

L’objectif principal de cette mission est de faire le bilan de cette année charnière. Depuis mai 2008, une nouvelle organisation est mise en place. Un partenariat est établi entre SPS et AFAFA. Dans le cadre de ce partenariat, SPS intervient comme un organisme d’appui technique et financier. AFAFA, en concertation avec SPS, élabore un programme annuel dont elle a la charge d’exécution.
Anita Pellegrinelli Castan

Des oasis en tous lieux

Le principe des oasis étant acquis, il reste à travailler sur leur démultiplication. Ce travail demande du temps d’information, de maturation et d’organisation dans les villages. Blaise, responsable sénégalais du centre, maîtrise bien la procédure.
À ce jour 54 puits sont creusés et 11 contrats signés pour 2008 sur un prévisionnel de 100 puits. L’objectif n’est pas atteint, par prudence. Blaise travaille en collaboration avec les chefs des villages qui mettent en place des groupements de paysans adhérant à la charte, qui deviennent le garant des remboursements des avances de trésorerie effectuées par AFAFA avec l’appui de SPS. Les oasis existantes, que j’ai visitées, sont en général en activité. Certaines n’ont pas été remis en état après la récolte des céréales, d’autres commencent doucement les pépinières, certaines sont superbes.

Mise en place des pépinières sous ombrières

Mise en place des pépinières sous ombrières

J’ai rencontré Daouda Ndour, témoin de l’exode urbain .Il a quitté Dakar où il s’était exilé avec sa famille, pour vivre. Aujourd’hui il reprend ses terres qu’il exploite avec détermination. Son jardin est luxuriant.

J’ai rencontré Daouda Ndour, témoin de l’exode urbain .Il a quitté Dakar où il s’était exilé avec sa famille, pour vivre. Aujourd’hui il reprend ses terres qu’il exploite avec détermination. Son jardin est luxuriant.

Souleymane Ndour, aujourd’hui retraité fait des expérimentations de goutte-à-goutte et met à disposition une partie de son champ aux femmes. Son jardin est de plus en plus beau et de plus en plus varié.

Souleymane Ndour, aujourd’hui retraité fait des expérimentations de goutte-à-goutte et met à disposition une partie de son champ aux femmes. Son jardin est de plus en plus beau et de plus en plus varié.

Continuité du centre de formation

Le développement du centre de formation a besoin de plus d’attention. L’activité d’hivernage semble, au résultat des récoltes de mil et de sorgho, avoir été animée. La transition vers les activités de saisons sèches demande une nouvelle adaptation. Après les dures labeurs des cultures et des récoltes, les paysans pensent au repos.
Un centre de formation n’est pas un lieu de production, c’est un lieu d’expérimentation avant tout. Aussi la remise en état des terrains pour les cultures de légumes et la préparation des pépinières et de la production de compost sous forme d’animation de formation, devraient se faire quasi immédiatement. L’équipe apprend le changement.
Une présence plus régulière de l’encadrement s’avère nécessaire. L’aménagement du centre (constructions et réfection) est mis en route actuellement. Le dossier de la GOANA, pour l’attribution de 5ha à l’association AFAFA est en cours.

Animations fourneaux : renforcer l’activité

L’animation autour des fourneaux n’a pas été aussi florissante que nous l’avions envisagée. Ceci est dû à un problème de gestion de ressources humaines, l’équipe étant en train de se restructurer. Au début, dans chaque village, l’activité consistait à utiliser le fourneau et le four solaire dans une séance de cuisine et pendant le temps de la
cuisson, une mise en place d’un compost dans un jardin se faisait. Rapidement, ces animations se sont transformées en une simple information sur l’utilisation des fourneaux et une prise de commande. Une autre équipe se constitue dans les villages du bord de mer à Toubab Dioulaw. 104 fourneaux vont être livrés et la demande reste importante. Lors
d’une livraison à Yenne, les femmes confirment qu’elles utilisent plus de la moitié moins de bois, qu’elles ont ainsi du charbon, qu’elle n’ont plus besoin d’acheter, que la braise est permanente dans le village, donc plus besoin d’allumettes. La cuisson est plus rapide. De plus le fourneau a un double usage : le séchage des poissons et la cuisson
des aliments. Maintenant, libérée en partie du temps de préparation des repas, elles demandent un soutien technique pour la mise en place d’un potager et d’une pépinière d’arbres.
Une visite à Mekhé par Moctar a confirmé que l’utilisation des fours solaires est possible. Dans ce village, elles l’utilisent et ont même un atelier de fabrication. Une rencontre entre un groupe de femmes de la région et ce village devrait faire avancer cette filière intéressante pour la sauvegarde de la forêt. L’organisation de l’animation des associations féminines autour de la thématique de la santé par l’alimentation et de la protection de la nature par la reforestation (fourneau et pépinières d’arbres) sont plus qu’à l’ordre du jour.

Les fourneaux économes victimes de leur succès, nécessitent plus que jamais un accompagnement par des animations sur leur utilisation, la santé par l’alimentation et de la protection de la nature par la reforestation.

Les fourneaux économes victimes de leur succès, nécessitent plus que jamais un accompagnement par des animations sur leur utilisation, la santé par l’alimentation et de la protection de la nature par la reforestation.

L’équipe opérationnelle est en évolution

Il est prévu l’embauche pour 3 mois, dans un premier temps d’un jeune local, diplômé en agriculture pour mettre en place la pépinière qui pourra en partie être supervisée par Birame. Blaise demande un adjoint pour faire la mise en place des oasis et des suivis. Une formation aux techniques agroécologiques sera nécessaire à cette personne. Les animations dans les villages déjà visités en 2007 et début 2008 devront être repris pour aller plus loin que la vente des fourneaux et de contribuer à l’émergence de personnes relais dans ces différents lieux.
Blaise souligne qu’avec une production appropriée du centre et de l’entretien correcte de la structure, il pourrait faire découvrir l’alimentation bio aux touristes. L’animation sociale est importante pour la réussite de ce programme. Il demande aussi comment soutenir les écoles souhaitant mettre en place un jardin. Il parle aussi de la difficulté de s’occuper de l’excédent des récoltes du centre. Les solutions évoquées sont des ateliers de transformation et la commercialisation.

Pour 2009, il est prévu :

  1. la venue d’un animateur de Bolivia Inti, Yves Martin, pour l’étude de la mise en place d’un atelier de production de fourneaux pour mieux répondre à la demande. Une évaluation dans les villages déjà touchés par ce programme permettra aussi de faire un bilan sur :
  • L’utilisation des fourneaux, les avantages et les inconvénients nommés par les femmes,
  • l’expérience des fours solaires
  • l’état des remboursements,

Il sera aussi chargé de présenter et d’initier à l’utilisation de l’énergie solaire, d’organiser l’animation des associations féminines, autour de la thématique de la santé par l’alimentation et de la protection de la nature par la reforestation (fourneaux et pépinières d’arbres)

  1. La présence d’un jeune stagiaire d’une école d’agriculture. Il sera présent du 25 janvier au 20 février
  2. Une mission d’un mois de Thibault et d’Amandine, tous deux ingénieurs en agriculture, qui travailleront sur la restructuration et le suivi de l’activité de SPS au Sénégal.

Des associations de femmes pour AFAFA

La rencontre avec le conseil d’administration de AFAFA montre que cette instance bien que formelle, manque cruellement de femmes. L’animation et la constitution en association des femmes de Ndiemane et des autres villages aux alentours doit venir renforcer cette association qui ne pourra pas rester aux seules mains des acteurs actuels.