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Octobre 2009

Octobre 2009

RETOUR DE MISSION

Après 10 jours avec l’équipe de coordination d’AFAFA, je mesure combien le temps d’intégration d’une nouvelle façon de travailler ensemble est précieux. Le centre de formation devient de plus en plus accueillant, l’atelier de production de fourneaux économiseurs de bois est fonctionnel, la gestion comptable et humaine de l’association se précise, les oasis de plus en plus nombreux font l’unanimité des paysans, les demandes de l’extérieur de Ndiemane sont de plus en plus nombreuses. Et pourtant il reste encore fort à faire pour que ce programme prenne toute son ampleur et s’inscrive dans la durée. Ensemble, ne nous décourageons pas, aiguisons notre patience et notre obstination pour atteindre nos objectifs. Reste, à nous tous, de trouver les moyens pour mettre en place tous ces outils qui mèneront vers plus d’autonomie. Merci d’avance de soutenir.

Les exigence d’une co-gestion

Aujourd’hui AFAFA est une association sénégalaise vivante et complètement partie prenante dans le programme agroécologique proposé par Pierre Gevaert depuis plus de 5ans et qui prend vraiment forme depuis deux ans. A la fin de ma mission, j’ai  rencontré le CA pour lui faire part des échanges qui ont eu lieu avec l’équipe de coordination, responsable au quotidien du bon déroulement des actions. Après les remerciements mutuels coutumiers nous avons pu constater que chacun n’avait pas pris entièrement ses responsabilités. Les écueils qui en découlaient, notamment sur l’aménagement du centre qui n’est pas terminé, le remboursement des anciens fourneaux qui n’est pas à jour, la mise en vente des nouveaux fourneaux qui n’a pas commencé et le remboursement des puits qui est trop en retard, freinaient le programme ; alors que les sollicitations de l’environnement pour y participer étaient de plus en plus importantes.Un plan d’action d’urgence est mise en œuvre parce que SPS n’apportera pas de nouveau fond tant que la gestion du fonctionnement  AFAFA ne sera pas à jour. Un bilan sera fait en début d’année 2010. Pour travailler ensemble, chacun doit être acteur

Combien d’oasis ?

Les oasis n’ont plus à faire leurs preuves. Bon nombres de paysans viennent demander pour creuser un puits. A ce jours 149 puits sont creusés. Les fortes pluies ont retardé le programme. AFAFA espère pouvoir honorer 53 demandes d’ici la fin de l’année. Reste à trouver les fonds et que les puisatiers s’organisent.

L’atelier fer

L’atelier de fabrication de fourneaux économiseurs de bois et de réparation des outils agricoles est en fonction. Reste plus qu’à l’orchestrer. Un professionnel a été embauché et forme un jeune du pays. Nous avons travaillé ensemble sur la gestion des stocks de matières premières et de produits finis, sur le coût réel des fourneaux et de la distribution.Cet atelier a un double objectif : participer à la lutte contre la désertification et de générer des ressources pour le maintien des jeunes dans leur terroir.

Rencontres et témoignages

Khokhane, membre du CA, militant de l’agroécologie de longue date réagit quand je fais le bilan des remboursement des puits. Il dit : « Avant la venue de SPS, sur le marché hebdomadaire, les paysans vendaient leur récolte de céréales, c’est à dire leur propre alimentation, par besoin d’argent. Cela présageait des moments difficiles à la période de la soudure (ce temps où il n’y a plus rien dans les greniers et que la nouvelle récolte arrive) . Aujourd’hui, il n’y a plus de céréales sur le marché, ils vendent le surplus de légumes pour pouvoir payer l’école, la santé des enfants et les habits. C’est grâce aux puits. De plus il y a de nombreuses demandes de puits en attente. Nous devons faire respecter le calendrier des remboursements car tout le monde a droit à un puits. »

Rencontre avec trois jeunes agriculteurs Dimanche, nous sommes allés à la rencontre de Pierre, un jeune chef du village qui est revenu au village après une tentative d’urbanisation.

Il nous dit : « Je voulais faire des études, alors un vieil oncle m’a accueilli à Dakar, juste le gite et parfois le couvert . J’allais à l’école le soir et la journée avec les copains j’ai commencé à chercher l’argent en allant travailler aux Niayes» Les Niayes est la zone maraîchère côtière qui assurent l’approvisionnement de l’agglomération dakaroise en produits frais saturés d’engrais chimiques de synthèse et de pesticides. L’argent gagné suffisait juste à se loger et se nourrir, son oncle ne pouvait plus m’accueillir, alors il a décidé de retourner au village où la vie est moins cher et où la solidarité familiale donne du courage.

« L’arrivée de SPS a changer notre vie. A l’hivernage nous semons les céréales pour l’année et à la saison sèche nous pouvons cultiver des légumes qui améliorent notre plat mais surtout qui nous permettent de faire des revenus pour nous habiller, nous soigner, envoyer nos enfants à l’école. En 2008, après le puits creusé, j’ai fait les tomates et aubergines, l’ail et l’oignons. Cette année, j’ai surtout fait le piment, c’est ma 13ème récolte, au total 94 kg. Je suis heureux d’être au village et d’aider ma famille. »

Au fur et à mesure de notre entretien, d’autres jeunes agriculteurs arrivent. Marcel nous raconte qu’il était présent à la première conférence de Pierre Gevaert et Elhadji, le coordinateur, Il n’a pas eu la chance d’être choisi pour les 24 premiers puits mais en 2008, il a réussi. Maintenant, il travaille tout l’année dans son champ, non loin de celui de Pierre, ils se rencontrent, échangent sur leurs difficultés, ils ne se sent plus seul. « Je n ‘a jamais quitté mon village, mais je reviens de loin, j’ai failli partir, aujourd’hui je peux faire vivre ma famille. »  Jacques est revenu de la ville où il était agent de santé depuis 6 ans. L’enfer, dit-il. Depuis un an avec sa famille, il cultive des oignons, du piment et des tomates en saison sèche.

Voilà 3 jeunes hommes, pères de famille, entre 30 et 40 ans qui ont décidé de vivre au village et d’être acteur du développement de leur village.