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Initiation à l’Agroécologie du 4 au 8 mai 2009

Compte rendu – Centre Agroécologique de Ndiemane

Les participants confectionnent un tas de compost

Les participants confectionnent un tas de compost

Introduction
AFAFA en partenariat avec SPS et Terre et Humanisme France déroule dans la communauté rurale de Guiéniéne un programme d’appui pour le développement de l’agroécologie. C’est dans ce cadre qu’un atelier « Initiation à l’agroécologie » à été organisé au centre de formation agroécologique de Ndiémane. L’atelier à regroupé 30 agriculteurs dont 4 originaires de Fandéne dans la région de Thiés , un agent des Eaux et Forets.
La cérémonie d’ouverture a été conduite par le président de AFAFA à la place du chef du village, empêché . Il a souhaité la bienvenue aux participants au nom du chef du village et en son nom personnel. Il s’est félicité de l’organisation de cette rencontre d’échange qui dit-il « vient en son heure car les agriculteurs doivent chaque année faire face à des difficultés de plusieurs ordres : érosion hydrique et éolienne , dégradation des terres , baisse de rendement des céréales, exode des jeunes vers les centres urbains et l’Europe ». En saluant l’initiative, il a adressé ses félicitations aux partenaires techniques et financiers qui accompagnent cette initiative notamment SPS , Terre et Humanisme France mais aussi l’équipe locale qui exécute les activités sur le terrain. Le coordinateur de l’équipe locale a à son tour prit la parole pour féliciter les participants avant de s’appesantir sur le contexte de la formation et l’élaboration participative du programme définitif de la semaine. Il a décliné la méthodologie de la formation qui n’est pas une formation classique où un expert monopolise la parole tandis que les autres recopient dans leurs cahiers. Il s’agit d’un échange d’expériences entres agriculteurs qui partagent les mêmes difficultés quotidiennes qui sont : dégradation des terres, baisse des rendements, faiblesse des niveaux de connaissances des pratiques de l’agroécologie.
L’équipe locale jouera le rôle de modérateur en apportant à chaque instant son expertise. Le choix porte sur l’augmentation des rendements en céréales et la pratique du maraichage biologique. Il est souhaité que cet atelier d’échange soit le point de départ d’un processus continu et que les producteurs formés puissent diffuser les connaissances acquises au niveau de leur communautés . Cette démarche est saluée et approuvée par l’ensemble des participants.
Contexte de la formation et objectifs ;
La formation s’adresse à des agriculteurs jeunes et vieux, originaires du « bassin arachidier » qui affrontent une contrainte écologique qui dure depuis très longtemps. Trois régions sont concernées. Thies – Fatick – Diourbel qui sont fortement affectées par la pauvreté des sols. En effet, au lendemain des indépendances, les politiques agricoles mises en place par les nouveaux états se sont beaucoup inspirées des modèles occidentaux : les systèmes agricoles de la révolution verte, caractérisés par l’utilisation de produits agrochimiques (pesticides, engrais) et la pratique de la monoculture de l’arachide.
L’objectif visé par cette formation est de ;

  • Sensibiliser les agriculteurs sur l’agroécologie en tant que pratique peu couteuse respectant la santé humaine et l’environnement ;
  • Renforcer leurs capacités dans la pratique de techniques agroécologiques (amélioration et maintien de la fertilité des sols)
  • Renforcer les capacités des maraichers en techniques de production de légumes sains ;
  • Partager les expériences en protection naturelle des plantes
  • Renforcer la solidarité entre agriculteurs qui partagent le même terroir villageois et au delà pour la mise en place et l’animation d’un réseau d’agriculteurs écologistes.

Jour 1: présentation du PADAE et des partenaires

PADAE Programme d’appui au développement de l’Agroécologie dans le Bassin Arachidier,

Objectif : lutter contre la désertification au Sénégal par la mise en place d’un programme d’information, d’enseignement et le développement de l’agroécologie. Le constat est que, la région avait il n’y a pas si longtemps une végétation dense.

Partenaires technique et financier : SPS , Terre et Humanisme France

Axes stratégiques :

  • Développement d’oasis par la mise en place d’une avance de trésorerie
  • Promotion de fourneaux à bois économe et de fours solaires en vue de réduire la pression sur le bois de cuisine
  • Développement d’un centre d’échange et de formation agroécologique

Equipe locale

  • Un coordinateur
  • Un responsable du suivi des oasis et son assistant
  • Un chargé des relations publiques
  • Trois permanents chargés du centre agroécologique
  • Une chargée de la restauration

L’agriculture Sénégalaise de la colonisation à nos jours ;
Ce thème est présenté par le coordinateur de AFAFA : l’objectif est de sensibiliser les agriculteurs sur l’origine des difficultés auxquelles nous faisons face aujourd’hui et de s’entendre sur les stratégies à mettre en oeuvre pour que les agriculteurs se libèrent en adoptant l’agroécologie .
Après les indépendances, quand les Toubabs sont venus, ils ont apporté les cultures intensives. C’était produire pour commercialiser le coton et les arachides. Il n’y avait plus d’agriculture vivrière. Cette agriculture nécessitait d’autres moyens pour cultiver. Les extensions de terres ont nécessité une déforestation importante et l’utilisation d’engrais. Les agriculteurs achetaient leur alimentation et des biens manufacturés.
La disparition de la forêt a provoqué le dessèchement de la terre et la raréfaction des pluies. Maintenant, les gouvernements sont sous le joug des grandes puissances qui ne s’intéressent plus au cultures de rentes. Les industriels fixant les prix, les gens n’ont pas su s’adapter.. Dans cette situation, faire prendre conscience aux paysans qu’ils peuvent se prendre en charge sans attendre est important. Les paysans devraient pouvoir influencer les programme d’aides qui vont parfois à l’encontre d’une autonomie. L’objectif de l’agroécologie est différent de celui des gouvernements actuels. Elle met en avant le paysan qui cultive lui même ses terres pour pouvoir les transmette à ses fils. Le gouvernement veut libérer les terres, les vendre aux riches qui vont les exploiter en embauchant les agriculteurs pour un salaire de misère et leurs revendre les denrées alimentaires. En réaction, la consigne est d’occuper au maximum le terrain !
L’agroécologie n’est pas quelque chose de nouveau mais les techniques se sont améliorées avec le temps. Avec les anciens qui sont présents aujourd’hui, nous allons nous concerter pour savoir quelless sont les causes et les conséquences de la dégradation de l’agriculture. Avant avec ½ hectare, on produisait bien pour une famille. Maintenant avec 5 ha, nous avons du mal à vivre.

La parole circule un moment.

  1. Il y a urgence à faire un effort collectif, la désertification avance et l’érosion appauvrit les sols.
  2. L’eau peut résoudre les problèmes si elle est bien gérée mais actuellement elle ne s’infiltre pas, elle ruisselle, c’est pourquoi nous préconisons l’installation des diguettes. Il n’y a qu’avec des moyens que l’on peut faire une culture en extension.
  3. Quand j’étais petit, je n’osais pas m’éloigner à plus de 500m tellement la végétation était dense.
  4. Les programmes du gouvernement d’alors finançaient 2 boeufs si on avait 4 ha sans arbres, ce qui a poussé beaucoup d’agriculteurs à participer à la déforestation.
  5. J’ai vu le désert en Mauritanie, il ne pleut pas, j’ai vu la Guinée où la forêt est présente et il pleut ! Autrefois 5 ha c’était dix personnes maintenant 10 ha c’est une personne. Cela ne permet pas au paysan d’être présent pour chaque plante. Depuis 1976, chaque année, je partais en saison sèche pour travailler et faire vivre ma famille. Maintenant j’ai une oasis et je ne veux plus partir et je sais que les jeunes vont revenir.
  6. Quand j’étais jeune, je ne connaissais pas ces machines et je constate que les sols s’appauvrissent. Nous faisions des semis dans des poquets avec beaucoup de précautions mais les semoirs ne nous permettent pas la même attention. Je crois qu’il faut un retour aux sources. Les feuilles des arbres constituent un élément nutritif du sol.
  7. On ne peut pas faire de l’agriculture sans eau, sans pluie. Cherchons à cultiver avec les arbres, ne cherchons plus à les arracher. Nous avons des cultures qui n’arrivent même pas à terme.
  8. Nous perdons la santé avec l’utilisation de tous ces produits chimiques, nos ancêtres n’utilisaient pas tout ça ! Ils ne tombaient pas malades comme ça ! Alors que maintenant la plupart des consultations sont dues aux produits qu’on utilise. Le diabète, la tension étaient rares et les habitudes alimentaires ont changées.
  9. Je suis jeune, je sais que les jeunes ne s’intéressent pas à l’agriculture mais maintenant avec l’agroécologie, ils ont envie d’apprendre.
  10. Le colonisateur est à l’origine du déséquilibre, il a commencé à nous imposer des semences et maintenant avec les OGM, de nouvelles maladies sont venues avec. Nous sommes dépendants des produits chimiques. Tout ça a dévalorisé la paysannerie et les jeunes lui tournent le dos.
  11. Quand on ne sait pas où l’on va, on retourne d’où l’on vient. Nous devons trouver des ressources pour les jeunes et les oasis sont source d’activités.
  12. Nous avons intérêt à faire un retour aux sources. Les semences qui nécessitent beaucoup de produits chimiques ne sont pas intéressantes. J’ai du arroser jusqu’au saignement de nez !
  13. J’ai vécu des moments intenses dans l’agriculture quand j’étais jeune car l’organisation de la société était basée sur la solidarité. Ça n’existe plus, l’individualisme a pris le dessus. Maintenant il nous faut faire reverdir nos régions, nous vivrons heureux et auront des petits fils !
  14. Il y a eu un temps ou les autorités locales nous humiliaient et mettaient de la poudre sur le visage de ceux qui ne pouvaient pas payer. On payait de l’impôt sur tout !
  15. L’introduction des cultures de rentes a tout déstructuré, elles ont été introduites par la force. L’impôt nous a liés et asservis. Les hommes n’acceptaient pas l’humiliation, alors ils payaient ou se suicidaient. Si maintenant nous ne réagissons pas, alors c’est notre fin. Nous devons nous unir et faire de l’occupation du sol !

Jour 2 : gestion de l’eau applications et observations sur le terrain.

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Les Diguettes
Nous partons chez Yacou pour mettre en oeuvre la technique des diguettes. Il a son oasis depuis un an, trois puits ont été creusés. Il a un très beau champ de cultures associées : pastèques, oignons et Euphorbia Hirta (elle soigne les diarrhées des bébés). Yacou a une grande parcelle de piments, il a mis du fumier de mouton directement au risque de brûler la culture. Les participants ont longuement échangés sur les risques liés à une telle manière de faire.

Confection d’une diguette anti érosive et échange sur la gestion de l’eau dans l’exploitation de Yacou Ndour
Nous creusons une tranchée qui suit la courbe de niveau et sur la butte de terre, nous plantons le vétiver. Il retient la terre, l’ensemble retiendra l’eau et pendant les grandes pluie ramènera le surplus au puits. Les termites s’installent facilement sur le vétiver et n’embêtent pas les autres cultures. Le principe est de les occuper.
On peut faire une double rangée pour planter d’autres plantes en épaisseur ce qui ajouterait à la haie une fonction de brise vent. Dans ce cas, on peut planter du coton, du pois d’Angole ou pois cajun qui est une légumineuse. Les gousses sont comestibles, cette variété est arbustive donc ferait un bon coupe vent. On peut aussi mettre de l’Aloès qui s’utilise pour les cosmétiques, du Cassia Alata dont les feuilles sont un fongicide dermatologique (il soigne les mycoses sous les ongles et la teigne).
Le vétiver a des racines très serrées. A certains endroits comme à Thiès, on utilise les pierres. Andropogon est une graminée qui peut être alternée avec le vétiver car elle résiste mieux à la sécheresse. Une autre méthode consiste à mettre des piquets verticaux et tresser avec de grandes herbes. Tounkang Mballo l’agent des Eaux et Forêts qui participe à l’atelier, exhorte les agriculteurs à s’approprier cette technique.

Nous visitons la parcelle de Mohamed Sarr : il a fait des cultures associées, des aubergines amères avec le nana qui est la menthe locale. Sous le manguier, nous trouvons sa récolte d’oignons qui sèche. Il sont magnifiques ! Les oignons bio se conservent mieux que les autres. « Souf douphen », la terre ne ment pas !

Nous passons dans le jardin de Souley Ndour. Il y a beaucoup de diversité : goyaviers (bon contre la dysenterie), anacardiers (l’écorce est bonne contre la tuberculose), Molinga Olifera, Euphorbia Meta, sorgho, manioc, patates douce, laitues en graines, gombos.

Le sous-solage :
Juste après l’hivernage, on griffe le sol ce qui empêche le séchage trop rapide de la terre. Comme ça, on a deux mois pour passer la sous-soleuse. La technique du sous-solage permet de retenir l’eau et le développement des racines des plantes.

Le Zai : technique de plantation ancestrale

On cultive dans des trous de trente centimètres de diamètre et vingt centimètres de profondeur, on met du compost et on sème. Quand on met le compost, la plante pousse bien grâce à l’enrichissement de la terre. De plus elle garde mieux l’humidité!
La motopompe tire trop d’eau à moins qu’elle ne serve à remplir un bassin qui évite les long voyages avec les arrosoirs. L’arrosage au tuyau, par aspersion, ferait du gaspillage. Yacou est très content de la diguette qui a été mise en place chez lui ce matin. Plus tard, il sait que là où l’eau passait, elle ne passera plus.

Réaction des anciens :
Pour lutter contre l’érosion, nous faisions des diguettes avec des tiges de mil ou aussi avec les mauvaises herbes. Certaines espèces végétales décèlent l’eau. Pour trouver les chemins de l’eau, voici comment nous procédions : « au crépuscule, bien dans ton corps, torse nu, tu marches, tranquille dans ton esprit, tu sens la chaleur, alors là ! Il y a l’eau ! »
En observant un arbre on peut voir le côté où vont les branches, c’est le côté où se trouve l’eau. Le ficus peut être un indice aussi mais attention aux poches d’eau que peuvent provoquer les poches d’argile.

Intégration des plantes médicinales au sein des oasis :
Il est recommandé à Yacou d’intégrer dès cette année les plantes médicinales suivantes dans son oasis :

  • Le Foggara (qui soigne la drépanocytose)
  • Le prunier d’Afrique
  • L’Artémisia (soigne le palu)
  • Maytenus
  • Scléroclaria ou « Bèr » (en wolof)

Quelques plantes médicinales recommandées par les anciens

Moringa Olifera Nebedaye (la plante qui ne meurt jamais) « Sab-sab » :
On mange les feuilles avec le plat de mil. Les feuilles sont bonnes pour lutter contre le diabète, diarrhées, anémies, rhumatismes, troubles digestifs, goutte. Les fleurs sont mises à macérer et soignent la conjonctivite : une goutte dans l’oeil. On utilise les feuilles vertes bouillies contre le rhume. On désinfecte l’eau avec les graines. On peut jeter les graines dans le puits. Les diabétiques prennent la poudre de feuilles séchées à l’ombre. C’est un bon purificateur du sang, il facilite la circulation du sang ce qui fatigue moins le coeur.

Le Cassia Italica « Laidour »
On utilise la racine pour soigner les vers intestinaux des enfants, on en fait aussi des cures dents. On fait de la poudre de feuilles pour soigner les maux de ventre, elle soigne aussi la constipation en infusion ou macération, c’est un laxatif doux. Attention ! Faire des prélèvements durables surtout au niveau des racines. Veiller à ne pas couper trop de racines et à reboucher les trous dans la terre.
Nous ne sommes pas là pour concurrencer les tradi-praticiens, car qui si frotte si pique : nous sommes là pour cultiver les plantes dont ils ont besoin.

Ipomée Asarifolia « Ndenat »
Pousse dans les zones humides, elle stoppe les hémorragies et facilite les accouchements. Elle signale la présence de source, de nappe phréatique ou poches d’eau. Elle est utilisée pour les douleurs articulaires, les feuilles et les tiges sont bouillies et utilisées en massages. Mélangée à d’autres plantes, elle soigne la syphilis.

Mordica Balsamine et Mordica Charentia
Elles sont toutes les deux utiles et appelées « Parboeuf ». Elles soignent les problèmes de peaux des animaux. Elle peuvent soigner les personnes âgées qui ont des douleurs articulaires. Une poignée de feuilles dans l’eau de cuisson, on filtre et on cuit le mil.

Borreria Verticillata « Ndatudan »
A une fonction antibiotique : elle soigne les plaies infectées et est efficace contre le staphylocoque doré.

Pervenche de Madagascar « Fouf »
Eloigne les serpents

Citronnelle
C’est un bon insectifuge, elle est anti-stress et soigne les maux d’estomac.

Jour 3 : le sol – Constitution, vie, compost

Comment reconnaître un sol pauvre d’un sol fertile ?
Composition du sol , fertilisation
Types de sols
Qualité du sol pour les cultures maraichères ?
Comment régénérer le sol ?
Maladie des plantes et insecticides naturelles

Ice Breeking : exercice pour faire un peu plus connaissance. Dans un premier temps, on se met deux par deux : A se présente à B pendant une minute ou deux, puis B se présente à A pendant une minute ou deux. Ensuite A présente B à l’assistance et B présente A à l’assistance.

Le tableau du compost :
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Chacun reçoit deux étiquettes avec chacune un mot dessus et doit venir les poser en expliquant pourquoi il la met là. Cela pour bien différencier les catégories d’éléments qui entre dans une couche ou dans l’autre, savoir suivant les éléments dont il dispose si il va pouvoir mettre en oeuvre un compost.

  • L’Azote : c’est ce qui constitue les protéines dans l’organisme humain. C’est toutes les matières vertes, herbes vertes, tailles de haies vertes, déchets de cuisine, crottin, fientes de poules, fumier, poudre d’os, plumes, poils, laine.
  • Le Carbone : c’est l’ensemble des matériaux de construction dans l’organisme humain. C’est tous ce qui est ligneux, les branches coupées en petits morceaux, la paille, le bois mort en petits morceaux, les feuilles sèches, cartons, papiers.
  • Les « Epices » : cendres, poudre d’os, compost mûr, fientes, potasse, argile. Le compost mûr est intéressant quand on démarre une compostière pour favoriser la vie microbienne du lieu.

Réalisation du compost sur le terrain.

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Les questions :

  1. Quelles sont les dimensions d’une compostière ? Trois fosses de 3 m de long – 1,5 m de large sur une profondeur de 0,20 m. L’espace entre les fosses est de 1,5m et le tas peut monter à 1m au dessus du sol.
  2. Nombre d’arrosages du compost ? A chaque retournement, apprécier si il manque d’eau ou pas. On retourne le tas tous les 15 jours dans la fosse voisine. A 45 jours le compost est mûr.
  3. Site particulier pour installer une compostière ? A côté d’un point d’eau, dans un endroit ombragé.
  4. A quelle période faire un compost ? En saison sèche d’octobre à mai.
  5. Comment et à quel moment surveiller ? Surveiller le compost tous les deux ou trois jours. Si il ne chauffe pas, retourner et arroser le. Si il chauffe : trop aéré, tasser ou mettre de l’eau à coeur.
  6. Caractéristique d’un compost mûr ? On ne reconnaît plus les éléments, la couleur est bien noire et il sent bon. Il n’est plus chaud.
  7. Quels sont les éléments indésirables à la fabrication du compost ? Les plastiques, tout ce qui ne se dégrade pas, les plantes médicinales qui stoppent la vie microbienne (ex : celles qui soignent les plaies).
  8. Quels sont les avantages et propriétés du compost ? Économie d’eau, maintien de l’humidité, augmentation de la fertilité et du rendement, meilleure production, meilleure conservation des légumes, limite les maladies sur les plantes qui poussent dans le compost, limite les adventices « mauvaises herbes » car il y a moins de graines, alimentation saine, améliore la structure du sol, favorise le recyclage des ordures et le nettoyage du jardin.
  9. Différence entre engrais chimique et compost ? Le compost améliore la structure du sol, pas l’engrais chimique, il nourrit le sol pas l’engrais chimique, il ne coûte rien sauf si on achète le fumier. L’engrais chimique amène une forte dégradation du sol à la longue.
  10. Outillage pour faire un compost ? Fourche, pelle, brouette, coupe-coupe, arrosoirs, outils de mesure.

Réponses aux attentes :
Que sait-on du DECK et du DIOR ?
Le DECK est un sol sablo-argileux, il a plus d’argile. On l’appelle « le grenier » car il retient bien la fertilité. Il est collant, noir, se fendille, il est plus glissant, on fait bien le test du boudin que l’on peut tordre. Il garde bien l’humidité.
Le DIOR est un sol sablonneux avec un peu d’argile. Il est beige, lessivé. On peut mettre une légumineuse appelée Niébé pour enrichir ce sol. Sur le DIOR, la striga vient parasiter le mil. Il serait intéressant de faire une rotation de cultures pour empêcher la striga de se développer. Plantez des acacias occidentalis et la striga ne pousse plus. Cet acacia lutte contre les nématodes et contre le palu.

Comment reconnaître un sol pauvre d’un sol fertile ?
En sol pauvre, les feuilles des arbres sont jaunes. Un certain acacia ne pousse que dans les sols pauvres. Il
est constitué de sable et le Régéné pousse là ! Un sol est fertile, si il sort de jachère. On le reconnaît à la quantité et à la couleur de l’herbe, au volume des arbres. Les acacias albida « kad » poussent dans les terre fertiles. Il a une couleur noire.

La constitution du sol ?
Argile, sable, latérite, pierres, calcaire, limon, gravier, eau, air, azote, minéraux, humus. La vie du sol se fait grâce aux micro-organismes qui travaillent pour la transformation de la matière organique et de la roche. L’eau participe beaucoup à la vie du sol ainsi que les racines des plantes. Les racines des arbres descendent en profondeur et ramènent des éléments qu’on ne trouve pas forcément à la surface. L’arbre restitue ces éléments avec la chute de ses feuilles qui seront à leurs tour transformées.

Pourquoi les plantes sont malades à la sortie de la pépinière ?
Le sol peut contenir des agents pathogènes et à ce moment là on peut :

  • Faire chauffer le sol avec un zinc avant le semis.
  • Mettre une plante, le Neem « Azardircata Indica ». Avec les feuilles fraiches ont fait un lit, on laisse sécher puis on couvre de terre ; on peut mélanger et semer. Ce mélange éloigne les nématodes.
  • Mettre du compost mais surtout bien mûr. Attention aux excès d’eau.
  • Trier les plantes malades. Nettoyer les outils.

Visite d’un sol DIOR
Les visites sur le terrain sont aussi l’occasion d’échanges fructueux.

JOUR 4. Maraîchage bio – production végétale

Nous récapitulons la journée d’hier ce qui donne lieu à de nouvelles interrogations.

CULTURES CEREALIERES ET MARAICHERES : ATTENTES
Protection naturelle des plantes
Commercialisation des produits
Lutte contre la Striga
Cultures associées
Rotation des cultures
Régénération des sols
Jachères
Classifier les espèces qui résistent aux nématodes
Classification des espèces
Traitements du sol

  1. Traitements des sols – Régénération des sols – Engrais verts

L’agriculteur ne se fait plus confiance alors qu’il a la connaissance. Le compost est important dans la régénération des sols. Parmi les causes d’ appauvrissement du sol, il y a souvent les sols que l’on laisse à nu. Les tiges sont ramassées pour aller les vendre pour les grillades des poissons en ville. Les anciens coupaient les restes de cultures en petits morceaux pour permettre aux outils de passer alors que maintenant souvent les restes sont aussi brûlés. Il y a aussi un manque de couvert végétal. Après chaque culture il y a beaucoup de déchets, nous sommes obligés de faire un nettoyage. Les gens coupent trop les petits arbustes qui sont là pour régénérer la terre. Les gens de Thiès ont gardé les Rôniers : ils peuvent vendre les feuilles pour les toitures et cela leur fait un couvert végétal.
C’est la mécanisation, les feux de brousse, la coupe des arbres qui ont détruit le couvert végétal. L’utilisation excessive des engrais chimiques et de l’urée a appauvrit la terre. Les sols DECK sont infestés de mille pattes. Ceux qui sèment un peu tard le sorgo en souffre car les mille pattes mangent les jeunes pousses. Alihou précise que les mille pattes travaillent aussi pour le sol : nous ne devons pas les éradiquer. C’est aussi une preuve que le sol est vivant et riche. Les gens qui n’ont pas de mille pattes ont des sols DIOR et ceux qui souffrent des mille pattes doivent savoir que le jour où ils n’auront plus de mille pattes c’est que leurs sols seront morts. C’est le problème de l’équilibre des espèces : « histoire des hyènes et des rats ». Le problème des milles pattes est présent, nous cherchons des solutions:

  • Semer plus tôt, avant les premières pluies.
  • Les gueules tapées sont des sortes de petits varans qui mangent les mille pattes.
  • On fait un tas de petites tiges de mil, les mille pattes vont dessous, on les ramasse.

Trop cultiver le Bissap appauvrit le sol. La jachère plus les boeufs régénèrent le sol. Si on utilise souvent les écailles de poissons comme fertilisant, il faut faire attention car à la longue cela pose des problèmes d’excès de sel. Il y a un système qui consiste à faire une préparation avec deux brouettes d’écailles, on ajoute une brouette de sable puis on arrose, on met de la paille par dessus et après quinze jours on arrose à nouveau et on peut l’utiliser en toute sécurité.

Les solutions :

  • Couper les tiges de mil en laissant sur place les souches.
  • Eviter les défrichages hâtifs.
  • Instaurer par famille une fosse fumière.
  • Respecter les clôtures, les clauses du contrat (oasis)
  • Ne pas mettre le feu (contrat oasis)
  • Placer des diguettes anti-érosives.
  • Ne pas négliger les céréales au profit du maraichage.
  • Eviter d’installer des décharges anarchiques.
  • Récupérer des jeunes pousses de Jujubiers, de Kad et de Baobabs pour les replanter.
  • Dénombrer, répertorier et protéger les Acacias Albida

2. Engrais verts, les espèces :

Pois d’Angole, soja, niébé, gliricidia, cépé.

3. BRF Bois Raméaux Fragmentés :
Eloigne les nématodes
Allège les sols argileux

4. Classification des espèces résistantes aux attaques et maladies :
Cultures hivernales : Mil souna – Sorgho – Mais – Niébé – Arachides – Pastèques – Courges – Gombo – Manioc – Riz – Bissap

Associations possibles :
Sorgho / mil
Mil souna / Sorgho
Souna / Niébé
Souna / Mais
Arachides / Niébé mélath
Arachides / Bissap
Manioc / Bissap
Manioc / Pastèque
Sorgho / Niébé
Arachide / Mil Souna.

Associations possibles de cultures :
Piment / Choux
Piment / Tomate
Gombo / Oseille
Salade / Aubergine
Oignons / Choux
Tomates / Basilic
Salade / Oignons.

6. La protection naturelle des plantes :
Mettre le compost plutôt que l’engrais chimique, mettre de l’engrais vert. Le nana est une menthe rampante qui est intéressante pour le couvert végétal et pour éloigner les insectes des cultures associées. Pensez à embellir les jardins avec des fleurs pour les abeilles qui sont associées.
Le baobab chacal est une petite plante qui est interdite, car elle est trop dangereuse.
Le tabac est interdit.
Le piment : piller les graines, pulvériser en traitement préventif.
Les cendres de bois : mettre sur les feuilles sans le sable à cause des brûlures du rayonnement solaire.
OEillet d’Inde : éloigne les nématodes.
Neem : les feuilles pour pulvériser sur les tomates avec une décoction. Les fruits : enlever l’enveloppe et récolter la graine, faire sécher, et cuire pendant trois heures, diluer dans dix litres d’eau.
Ail : pilé, dilué
Pelures d’oignons en purin.

Lutte contre la Striga :
Au niveau national il existe un programme Striga, nous ne savons pas où il en est. La Striga s’attaque au champs de Mil Sanio, le Mil Souna, le Niébé. Les propositions pour lutter de manière agroécologique :

  • Faire un sous-solage de 25/30cm est efficace.
  • Repérer la Striga, l’arracher avant floraison et la bruler.
  • Nous avons remarqué que la présence de crottin de chèvre limite la présence de Striga. Les chèvres broutent la Striga il y a peut-être une conséquence de cause à effet.
  • Mettre de la cendre sur les pieds de Mil avant la levée de Striga.
  • La rotation des cultures peut être aussi une solution.
  • Planter le Cassia Occidentalis dans les cultures, éloigne la Striga (dans les haies)
  • Faire une rotation avec la Pastèque car la Striga ne se développe pas dans les Pastèques.
  • Pratiquer des cultures résistantes.
  • Toutes les variétés de Sorgho résistent à la Striga surtout dans les sols DIOR.

Jour 5 BILAN – EVALUATION

Arrivée du Chef du village et clôture , encouragement s et félicitations.

Suite des travaux
Commercialisation des produits :

Pour la commercialisation, nous rencontrons des difficultés à cause de l’éloignement des marchés, des
subventions qui sont accordées au niveau mondial sur les produits agricoles.
Pistes de solution :

  • Diversifier.
  • S’associer pour vendre.
  • S’informer sur les prix pratiqués.
  • Programmer les cultures.
  • Stocker et conserver les produits.
  • Faire des économies en faisant du compost ce qui améliore aussi la conservation.
  • Il existe déjà des organisations de commercialisation, on peut essayer de s’en approcher.
  • Faire une organisation de producteurs bio.
  • Faire une sensibilisation à l’agriculture bio dans la zone touristique qui est toute proche : les consommateurs ne connaissent pas les produits bio.
  • Nos routes sont défectueuses pendant une partie de l’année.
  • Formation pour la transformation des fruits et légumes.
  • Le marché commence au niveau du village.
  • Se rapprocher de la FNAB Fédération Nationale de l’Agriculture Bio.

Les recommandations :

  • Installation de fosses fumières familiales.
  • Instaurer les journées village sans plastiques. Les plastiques peuvent être récoltés et vendus à l’usine pour la transformation.
  • Utilisation systématique du compost. Cela peut faire l’objet d’une rencontre pour le faire ensemble et avoir des échanges d’expériences.
  • Création d’un réseau local des agriculteurs bio.
  • Les agriculteurs bio devraient faire attention aux semences qu’ils utilisent car elles contiennent souvent des produits chimiques, il vaudrait mieux qu’ils les produisent eux-mêmes.
  • Les agriculteurs devraient consommer bio.
  • A la sortie de ce séminaire, la différence dans vos cultures devrait se voir et faire des émules auprès d’autres agriculteurs.
  • Elaboration d’un plan d’action pour les formations et très vite s’inscrire.

Le centre de formation est prêt pour accompagner ceux qui veulent pratiquer le Zai.

Evaluation : impressions des participants.
J’ai beaucoup appris de connaissances.
J’ai appris à améliorer la qualité de mes sols de cultures.
J’ai appris beaucoup de choses et je voudrais qu’il y ait une formation par an.
J’ai appris que les mille pattes sont utiles.
Très heureux d’avoir pu faire cette formation,, je remercie les organisateurs
J’ai appris à éviter les produits chimiques pour traiter le sol et les cultures. Je pensais que les produits chimiques étaient la seule solution.
J’ai découvert un milieu et une terre différents du mien. J’ai appris sur la composition et l’amélioration du sol. Je me sens à l’aise, les conditions générales d’accueil et de formation étaient extraordinaires.
J’ai bien aimé l’alternance entre théorie et pratique et qu’elles soient reliées, je suis très satisfait.
Je suis satisfait : j’ai appris pour les maladies, la préparation du sol et le compostage.
C’est bien d’alterner la théorie et la pratique. J’ai confiance, je vais pouvoir tourner le dos aux engrais
chimique.
Je suis très content de tout ce que j’ai appris, je vais pouvoir sensibiliser les agriculteurs de ma région car j’ai pu me saisir de la méthode.

Fait à Ndiémane le 20 /05/09
ELHADJI HAMATH HANE