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Avril Mai 2009

Edito : bilan de la mission d’avril

J’ai passé deux semaines avec l’équipe de AFAFA pour améliorer son fonctionnement. Les activités à Ndiemane et de ses alentours prennent de plus en plus d’importance dans le quotidien des villageois. Les demandes de création d’oasis, de creusement de puits, affluent. De nombreux visiteurs sont curieux de la pratique agroécologique du jardin, certains sont demandeurs de formation. Pour répondre sérieusement à toutes ces demandes, il nous semblait important de parfaire l’organisation du centre, tant au niveau administratif que logistique.
Anita Pellegrinelli-Castan

Réunion avec l'équipe et les villageois

Réunion avec l'équipe et les villageois

Impliquer la population

Dans toute action, il n’y a pas d’efficacité si nous ne commençons pas par rencontrer les autorités communales et villageoises puis par de longs échanges avec l’équipe opérationnelle locale. C’est ainsi que j’ai assisté à de nombreuses réunions informatives sur les oasis, le développement de la ferme pédagogique, la création d’un atelier de production de fourneaux économiseurs de bois et d’outils agricoles ; sur les relations entre AFAFA, SPS et Terre & Humanisme ; sur la place de AFAFA dans le village de Ndiemane.
Une nouvelle rencontre avec les paysans des oasis a été nécessaire pour continuer à mobiliser les acteurs du programme. L’objectif de ce programme est l’autonomie alimentaire et le maintien des populations sur place en redynamisant le monde agricole pour le respect de notre plus grande richesse : la Terre, et la sauvegarde de la biodiversité.

Une équipe au service d’une organisation paysanne

Ces rencontres ont permis de replacer l’association AFAFA au coeur du village. Une assemblée générale a été organisée spontanément : l’ancien bureau démissionne pour ouvrir à la participation paysanne.
Un nouveau conseil d’administration s’est ainsi organisé. Les membres du conseil d’administration nouvellement élus se sont ensuite entendus sur la mise en place d’un G.I.E pour la gestion et l’exploitation de l’unité de production mise en place et de toute autre activité génératrice de revenu du G.I.E crée par l’association. L’association change de nom, tout en gardant le même sigle. A.F.A.F.A devient : « Aide aux forces vives africaines par la formation agro écologique »
Les membres de l’association se sont félicités de la tenue de cette assemblée générale de renouvellement des instances et de la mise en place du groupement d’intérêt économique qui était une très grande préoccupation de tout un chacun. Les personnes nouvellement élues ont vivement remercié les membres de l’assemblée qui ont porté leur confiance en eux et ont promis d’oeuvrer dans le sens de la promotion et de la sauvegarde des intérêts de tous les membres en vue d’atteindre les objectifs fixés par l’organisation.
L’équipe opérationnelle sur le terrain reste la même et se sent légitimée par le village. C’est avec elle que nous travaillons les aspects administratifs et juridiques de notre collaboration. Mettre du cadre et poser des règles du jeu est essentiel pour pérenniser ce travail. C’est ainsi que se sont succédés des rendezvous avec le comptable, un juriste pour aider à aller vers l’autonomie de gestion.

Une équipe au service des paysans

Une équipe au service des paysans

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Mise en oeuvre de cycles de formation

Une première formation accueillant des stagiaires hors du village et de ses alentours a été organisée. Dans le cadre du partenariat, Terre et Humanisme a envoyé une animatrice pour soutenir l’équipe des animateurs sénégalais. L’atelier « Initiation à l’agroécologie » à été organisé au centre de formation agroécologique de Ndiémane. Il a regroupé 30 agriculteurs dont 4 originaires de Fandéne dans la région de Thiés ainsi qu’un agent des Eaux et Forets.
Il ne s’agit pas d’une formation classique ou un expert monopolise la parole tandis que les autres recopient dans leurs cahiers. Il s’agit d’un échange d’expériences entres agriculteurs qui rencontrent les mêmes difficultés quotidiennes et qui sont : dégradation des terres, baisse des rendements, faiblesse des niveaux de connaissances des pratiques de l’agroécologie. Léquipe locale a joué un rôle de modérateur en apportant a chaque instant son expertise. Le choix s’est porté sur l’augmentation des rendements en céréales et la pratique du maraichage
biologique. Les objectifs visés par cette formation étaient de :

  • Sensibiliser les agriculteurs sur l’agroécologie en tant que pratique peu couteuse respectant la santé humaine et l’environnement ;
  • Renforcer leurs capacités dans la pratique de techniques agroécologiques (amélioration et maintien de la fertilité des sols)
  • Renforcer les capacités des maraichers en techniques de production de légumes sains ;
  • Partager les expériences en protection naturelle des plantes
  • Renforcer la solidarité entre agriculteurs qui partagent le même terroir villageois et aux delà renforcer la mise en place et l’animation d’un réseau d’agriculteurs écologistes.

Cet atelier d’échange est le point de départ d’un processus continu où les producteurs formés, diffusent les connaissances acquises au niveau de leurs communautés. Cette formation a été saluée par l’ensemble des participants qui y ont unanimement trouvé leur compte : « je suis très content de tout ce que j’ai appris, je vais pouvoir sensibiliser les agriculteurs de ma région car j’ai pu me saisir de la méthode ».

Stage au centre agroécologique

Stage au centre agroécologique

Fabrication du compost

Fabrication du compost

Les grands chantiers en cours :

Un atelier de fabrication de fourneaux économiseurs de bois et de réparation des outils agricoles est en cours de construction. Le centre s’agrandit, les cases sont réparées, réaménagées pour accueillir des stagiaires. Une cuisine est bâtie, ainsi qu’une salle de réunion et de documentation.
Ces constructions ont été faite dans un esprit de retour au traditionnel, en réveillant la mémoire du banco (technique des briques en terre) et des toitures végétales sèches.

Bâtiment en banco et toiture végétale sèche

Bâtiment en banco et toiture végétale sèche

Nous avons besoin de votre aide !

Dans le budget prévisionnel 2009, nous espérons honorer 200 demandes de création d’oasis, donc creuser 200 puits. Sachant qu’il y a déjà 120 puits creusés, qu’un tiers seront remboursés soit 40 puits (chaque paysans rembourse son puits en 3 ans), nous cherchons de quoi financer 160 puits cette année.